Les grandes entreprises utilisent-elles vraiment tout le potentiel de leur richesse humaine ? La réponse est, bien évidemment, non !

Comment définir l’intelligence collective ?

Assez trivialement, l’intelligence collective est souvent résumée à une équation simple « 1 + 1 > 2 » qui semble impliquer que la combinaison des talents d’un groupe est supérieure à la somme des talents individuels.

L’intelligence collective d’un groupe d’individus est une énergie qui permet au groupe d’être potentiellement plus performant que n’importe lequel des sous-groupes qui le composent.

Cette énergie est largement sous utilisée pour des raisons historiques liées à l’organisation du travail et plus largement à la structure économique, juridique et sociologique des mécanismes de création et de partage de la valeur.

Le Professeur Thomas Malone. Directeur-fondateur du Center for Collective Intelligence (CCI) de la Sloan School of Management au MIT a passé de nombreuses années à étudier l’intelligence des groupes. Selon lui, il y a une corrélation directe entre la performance d’un groupe sur des tâches différentes et la capacité de ce groupe à mobiliser rapidement et efficacement l’intelligence collective de ses membres.

 

Un outil de sortie de crise sur les grands projets

Après plus de 20 ans passés dans l’industrie lourde, sur le terrain et comme consultant en stratégie et transformation pour la direction générale de nombreuses multinationales, j’ai pu constater moi aussi que la capacité à capitaliser sur la puissance de l’intelligence collective intelligence était le facteur numéro 1 de succès d’un grand projet.

C’est un enjeu majeur puisque, selon une étude McKinsey réalisée auprès de 1 500 CEO, 70% des grands projets industriels ne remplissent pas le cahier des charges initial en terme d’objectifs de qualité, de coût et de délai.

Qu’il s’agisse de concevoir et construire une plateforme pétrolière, un complexe chimique, une centrale nucléaire, une ferme d’éoliennes, un métro ou un aéroport, un grand projet implique des dizaines d’entreprises et des milliers de professionnels. Il est très difficile d’optimiser les milliers d’interfaces pour connecter et faire communiquer efficacement toutes les parties prenantes, ce qui peut rapidement mener à des dysfonctionnements et entraîner des crises majeures.

 

L’intelligence artificielle au service de l’intelligence collective

L’optimisation de l’intelligence collective ne sert pas qu’à réduire les coûts. En décloisonnant les silos et en stimulant l’innovation elle permet de créer de nouvelles opportunités de marchés. Les ‘Post-it’ de 3M, la fonction ‘like’ de Facebook sont autant exemples d’inventions résultant de l’ouverture de l’innovation à tous les employés du groupe.

L’IC permet de détecter les gisements de création de valeur, de les estimer et de les exploiter. Mais comment mesurer et valoriser la contribution de chacun à l’IC ? La Direction de la Richesse Humaine (DRH) doit inventer de nouveaux moyens de révéler, stimuler et canaliser cette intelligence collective. Parmi ces moyens, la technologie est devenue un atout indispensable pour résoudre un problème bien humain.

Définir et déployer un plan mondial pour réduire les accidents sur les chantiers dans 48 pays en un mois, identifier en cinq jours toutes les interfaces critiques dans un méga-projet de 25 milliards, cartographier en trois semaines les compétences de 10 000 collaborateurs, en mobilisant rapidement l’intelligence des employés et celles d’experts externes, c’est désormais possible grâce à des nouveaux outils numériques innovants.

Partagez, et participez à l’économie de la connaissance.

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